La solitude

Bien installée sur mon sofa, un petite bête poilue sur mes genoux, je passe un dimanche seule. J’ai choisi de vous parler de la solitude car en ce moment, c’est quelque chose sur lequel je travaille très profondément. À tous les niveaux qui peuvent être travaillés. Et c’est incroyable quand on va au fond des choses et qu’on les regarde sans détourner les yeux, à quel point on peut être touché, conditionné, affecté, apeuré, traumatisé. On peut faire semblant et se dire que tout va bien et que tout peut se faire sans l’aide des autres, sans soutien, en solitaire, mais est-ce que c’est possible? Peut-on s’habituer à la solitude? À toute forme de solitude? J’en doute.

 

Mais c’est mon opinion. Juste une opinion.

 

Certaines personnes sont, de nature, plus solitaires que d’autres. Surtout ceux qui vivent dans un univers très cérébral, comme la petite fille que j’ai étée. J’étais pourtant entourée de mes frères qui m’adoraient cependant, je me sentais souvent tellement différente des autres, bizarre même, et probablement que ce malaise transparaissait devant les autres et je me sentais soudain seule au monde. Oh il y a bien des façon de se sentir seul. Et bien des raisons. Toutes les énumérer ne ferait qu’en faire sortir d’autres alors on va couper court. Chaque humain doit bien avoir un jour ou l’autre souffert de solitude.

 

Même ceux qui la choisissent!

 

On se demande parfois ce qui a pu provoquer le suicide d’une personne qui semblait être entourée et choyée. On se demande pourquoi certains enfants ne dorment pas la nuit et ne sont bien que dans les bras de leurs parents. Qu’est-ce qui provoque la blessure d’abandon? On peut chercher toute une vie durant et ne rien trouver. Ou peut trouver des milliers de raisons tout autour de nous. Mais le résultat est le même.

 

On se sent seul.

 

Bon, je serai franche, j’ai toujours chercher à combler la solitude quand je l’ai ressentie. Mais la combler n’est pas l’accepter, ni la regarder en face. Quand je suis tombée malade, j’y ai été confrontée plus que jamais. Car dans la maladie, on ne peut plus suivre les autres comme avant. Il est dur d’accepter d’être le retardataire et de trouver ça normal. On se débat comme on peut, on cherche de l’aide autour de soi mais si on est bredouille, on fait quoi? On fait face au sentiment d’abandon. Peu importe l’âge, la situation, on se sent abandonné.

 

Et avant d’avoir le courage de se lever debout et de se décider à apprivoiser la situation et faire cavalier seul, on doit vivre une sorte de transition qui fait très mal! Qu'on se l'avoue ou non.

 

Confrontés à la maladie, certains se retrouvent totalement isolés.. Sans conjoint, sans enfant proche, la  famille et les amis ayant des vies remplies et qu'il est impossible de suivre, la personne est obligée de faire face à une solitude très dure à accepter. Faire appel à des étrangers pour de l’aide pratico pratique, les courses, le ménage, etc. Ensuite les services sociaux pour les soins de la convalescence. C’est se livrer complètement à l’inconnu alors que tout ce qu’on souhaiterait, c’est qu’un de nos proches soit là, à nous tenir la main. L’enfant en nous pleure à grands cris, on redevient même un petit bébé qui cherche des bras rassurants et chauds.

 

Mais il faut cesser de se laisser happer et agir en adulte.

 

SE PRENDRE EN MAIN!

 

Étrangement, malgré les années de travail sur soi-même, il suffit d’un accident, ou une rechute ou une épreuve inattendue, pour ressentir un puissant désaroi face à sa solitude. pour revenir à notre sentiment primaire.  J'essaie de donner l'exemple, cepandant, j'ai mes moments de déroute. J'en ai eu un récemment à cause de ma santé. Or, il s’est passé une chose, comme une brisure intérieure. Comme si j’avais regardé la petite fille en moi qui ME criait de prendre soin d’elle et de ne pas la laisser seule dans le noir avec sa souffrance. Je l‘ai vue, je l’ai regardée, et j’ai compris que je pouvais le faire. Je pouvais avancer seule. Avais-je envie de le faire? Pas vraiment. Mais mon enfant intérieur a besoin de moi. De ma force. De ma tendresse. Personne d’autre que moi ne peut répondre à ses besoins. Personne ne le pourra jamais.

 

Alors c’est une autre forme de travail qui débute.

 

La reprise de son pouvoir.

 

Pour combler sa solitude, on laisse le pouvoir aux autres par peur d’être abandonnés. Et il finit toujours par y avoir abandon pareil quand on laisse aller son pouvoir. Je ne veux plus combler ma solitude. Je veux l’apprivoiser. J’y travaille depuis longtemps mais je crois qu’il me manquait un outil.

 

Il fallait couper le cordon.

 

Le cordon ne nous relie pas uniquement à la mère, mais à l’humanité. On est comme tous attachés l’un à l’autre mais on va tous dans des directions différentes. C’est bien quand on peut se déplacer en groupe comme une classe de maternelle ou de garderie qui sort faire une activité et qu’on voit traverser la rue, tous les boute chou attachés les uns aux autres. Mais qu’en est-il de celui ou celle qui ne peut pas suivre? Il arrête la bande au complet ou c’est plus simple de le laisser chez lui ou à l’école avec une gardienne ou un intervenant pour veiller sur lui? L’adulte peut ressentir exactement la même chose que le petit qu’on doit laisser derrière.

 

Couper le cordon, c’est SE choisir.

 

Parfois, c’est par désir d’avancer seul, pour d’autres, c’est de s’adapter à une nécessité. Se débrouiller seul. Et ça s’apprend! Pas du premier coup! Mais ça s’apprend. Puis quand tout va bien et qu’on est entouré, ça se désapprend vite! Puis quand on perd quelqu’un ou quelque chose ou qu’on se retrouve malade, sans emploi, ruiné, etc., et qu’on est seul pour s’en sortir, ça se réapprend!

 

On vient au monde seul, on meurt seul. Ce qu’on fait dans l’humanité entre les deux dépend vraiment de soi. Ou bien on est dépendant toute sa vie, ou bien on coupe le cordon et on prend le risque de sauter dans l’inconnu.

 

Je choisis de sauter dans l'inconnu!

 

Jano

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Jano Bergeron